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LES TYPES DE KOUFR (MECREANCE) ET LE FAIT DE JUGER AVEC AUTRE QUE CE QU’ALLAH A REVELE

par l'imam Ibn Al-Qayyim -Qu’Allah lui fasse miséricorde-

 

Chapitre : A propos des péchés dont on doit se repentir

 

Mécréance :

  

Quant à la mécréance, elle est de deux types : Koufr Akbar (grande mécréance) et Koufr Asghar (petite mécréance).

Ainsi, la grande mécréance implique obligatoirement l'éternité en Enfer.

Et la petite mécréance implique que l’on mérite l’accomplissement de la menace (du feu de l’enfer), sans y demeurer éternellement. Comme c’est le cas dans les propos de l’Exalté, et c’était de ce qui était récité, mais ses mots ont été abrogés [ndt : c'est à dire retirés, car ici, l'abrogation a été au niveau du texte, contrairement à d'autres versets dont le texte est resté, mais dont le sens a été abrogé] :

« Et ne détestez  pas vos pères, car c’est une mécréance de votre part. »

 

Et il -Prières et bénédiction d’Allah sur lui- a dit dans le hadith :

« Il y a deux choses chez les gens de ma oummah par lesquelles il tombe dans le koufr : injurier la filiation légale (les origines) et hurler pour les morts. »

Et il a dit dans les Sounanes :

« Celui qui fait le rapport avec une femme par derrière a mécru à ce qui est descendu sur Mouhammad. »

Et dans un autre hadith :

« Celui qui va chez un médium ou un devin et croit à ce qu’il a dit, a mécru à ce qu’Allah a descendu sur Mouhammad. »

Et sa parole :

 « Ne redevenez pas des mécréants après moi,  en vous tranchant les cous les uns des autres. »

 

Et c’est l’explication d’Ibn ’Abbas -qu'Allah l'agrée- et de la majorité des compagnons concernant la parole d’Allah :

 وَمَن لَّمْ يَحْكُم بِمَا أَنزَلَ اللّهُ فَأُوْلَـئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ

 -traduction relative et approchée-

« Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les Kâfiroûn (mécréants). »

 (Sourate 5 verset 44)

 

Ibn ’Abbas -qu'Allah l'agrée- a dit :  

« Ce n’est pas la mécréance qui fait sortir de la religion. Plutôt, quand il fait cela, c’est [un acte] de mécréance, et il n’est pas comme celui qui mécroit en Allah et au Jour Dernier. »

Et Tawouss -qu'Allah l'agrée- a dit la même chose, et Ataa -qu'Allah l'agrée- a dit :

« C’est une mécréance en dessous de la mécréance (majeure), une injustice en dessous de l’injustice (majeure) et une perversité en dessous de la perversité (majeure). »

 

Et parmi eux, il y a ceux qui interprètent le verset en disant que c’est celui qui abandonne les lois d’Allah, tout en les reniant, et c’est la parole d’Akramah !

Et c’est une interprétation irrecevable, étant donné que juste le seul reniement est une mécréance, indépendamment du fait qu’il gouverne avec ou pas.

 

Et d’autres l’expliquent  dans le sens d’abandonner  le jugement par tout ce qu’Allah a révélé, ceci y compris juger avec le Tawhid et  l’Islam. C’est l’interprétation d’Abdoul ’Aziz Al-Kinani, et c’est aussi loin de ce qui est correct !!! Puisque la menace (contenue dans le verset) concerne le fait de ne pas juger avec la législation révélée, et cela peut s’appliquer au fait d’abandonner toute la législation ou juste une partie d’elle.

 

Et d’autres expliquent cela en disant que c’est de juger d'une façon non conforme aux textes, délibérément, sans être ignorant et ni en raison d’une erreur d’interprétation. Al-Baghawi a cité cela des savants en générale.

 

Et d’autres l’expliquent en l’appliquant à Ahloul Kitaab (aux Gens du Livre). Et c’est le dire de Qataadah, Dahhaak et d’autres.

Et cela est loin (de ce qui est correct), et c’est en opposition au sens  apparent du texte, ainsi, on ne doit pas pencher vers cela.

 

Et d’autres expliquent cela en disant que c’est le koufr qui fait sortir de la religion !

 

Et ce qui est correct, c’est que juger par autre que ce qu’Allah a révélé est à la fois les deux types de koufr (petit koufr et grand koufr) et (chacun des deux) dépend de la situation du dirigeant.

S’il a la conviction dans l’obligation de juger par ce qu’Allah a révélé dans ce cas, mais s’en est écarté, hors de la désobéissance, tandis qu’il reconnaît mériter une punition, alors c’est du koufr asghar (qui ne fait pas sortir de la religion).

Et s’il a la conviction que cela n’est pas obligatoire et qu’il a le choix dans la matière, avec sa conviction ferme que c’est le jugement d’Allah, alors c’est du koufr akbar (celui qui fait sortir de la religion). Et s’il est ignorant en la matière ou fait une erreur, alors il est dans l’erreur et son houkm est le même que celui qui se trompe (c’est à dire une récompense).

Et ce qui est voulu ici : c’est que les  péchés font tous partis de la petite mécréance (koufr asghar). Car ils (les péchés) sont   l’opposé de la reconnaissance, qui est d’agir dans l’obéissance d’Allah. puisque les efforts (d’une personne), sont soit une reconnaissance (shoukr) soit une mécréance (koufr), ou un 3ème cas qui n’est ni l’un ni l’autre (shoukr et koufr).

  

Et Allah sait mieux.

 

 

Chapitre :

 

Quant au grand koufr (koufr akbar), alors il est de 5 types : koufr de takdheeb (démenti, rejet), koufr de istikbaar et ibaa ( due à l’orgueil  et au refus) tandis qu’on reconnaît la vérité (tassdeeq), koufr de i’raad (se détourner), koufr de chaqq (doute) et koufr de nifaq (hypocrisie).

 

Ainsi, le koufr du takdheeb (démenti, rejet), c’est le fait de croire que les Messagers ont menti, et ce type n’est pas très commun parmi les kouffars (mécréants), puisque Allah a renforcé Ses Messagers et leur a accordé de telles preuves évidentes et signes afin d’établir leur véracité qui seraient suffisants pour établir une preuve décisive, et (par laquelle) n’importe quelle excuse serait finie.

Allah le Très-Haut a dit à propos de Fir’aoun et de son peuple :

 وَجَحَدُوا بِهَا وَاسْتَيْقَنَتْهَا أَنفُسُهُمْ ظُلْمًا وَعُلُوًّا

 -traduction relative et approchée-

« Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu’en eux-mêmes ils y croyaient avec certitude. »

 (Sourate 27 verset 14)

 

Et Il a dit à Son Messager -Prières et bénédiction d’Allah sur lui- :

فَإِنَّهُمْ لاَ يُكَذِّبُونَكَ وَلَكِنَّ الظَّالِمِينَ بِآيَاتِ اللّهِ يَجْحَدُونَ

 -traduction relative et approchée-

« Or, vraiment, ils ne croient pas que tu es un menteur, mais ce sont les versets d'Allah que les injustes renient. »

(Sourate 6 verset 33)

 

 

Le Koufr de istikbaar et ibaa (orgueil et refus). C’est le même koufr qu’ibliss, puisqu'il n’a pas nié le commandement d’Allah et ne lui a pas fait face avec rejet. Mais, il l’a accueillit  avec orgueil et fierté. Et c’est  le koufr de celui qui sait que le Messager -Prières et bénédiction d’Allah sur lui- dit vrai et  ne le suit pas par orgueil et refus et c’est le plus courant dans la mécréance des ennemis des Messagers, comme Allah l’Exalté cite à propos de Fir’aoun et de son peuple :

 أَنُؤْمِنُ لِبَشَرَيْنِ مِثْلِنَا وَقَوْمُهُمَا لَنَا عَابِدُونَ

 -traduction relative et approchée-

« Croirons-nous en deux hommes comme nous dont les congénères sont nos esclaves ? »

 (Sourate 23 verset 47)

 

Et les paroles des nations  à leurs Messagers :

 إِنْ أَنتُمْ إِلاَّ بَشَرٌ مِّثْلُنَا

 -traduction relative et approchée-

« Vous n’êtes que des hommes comme nous. »

 (Sourate 14 verset 10)

 

Et Sa parole :

كَذَّبَتْ ثَمُودُ بِطَغْوَاهَا

 -traduction relative et approchée-

« Les Thamoud, par leur transgression, ont crié au mensonge »

(Sourate 91 verset 11)

 

C’est le koufr des juifs, comme le Très-Haut a dit :

فَلَمَّا جَاءهُم مَّا عَرَفُواْ كَفَرُواْ بِهِ

 -traduction relative et approchée-

« quand  donc leur vint cela même qu’ils reconnaissaient, ils refusèrent d’y croire. »

(Sourate 2 verset 89)

 

Et Il a dit :

الَّذِينَ آتَيْنَاهُمُ الْكِتَابَ يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءهُمُ

 -traduction relative et approchée-

« Ceux à qui nous avons donné le Livre reconnaissent [le Messager Mouhammad] comme ils reconnaissent leurs propres enfants. »

(Sourate 6 verset 20)

 

Et c’est le même koufr qu’Abou Talib également, qui croyait en lui (le Messager) et n’avait aucun doute dans son exactitude, mais la fierté tribale et le suivi aveugle de ses ancêtres l’ont emporté, dont il ne voulait pas quitter leur religion et témoigner de leur mécréance.

 

 

Quant au koufr de i’raad (se détourner), c’est se détourner avec l’ouïe et le cœur du Messager -Prières et bénédiction d’Allah sur lui-, ne croyant pas en lui et ne le rejettant pas, ne s’alliant pas avec lui et ne montrant pas d’hostilité envers lui, et ne prêtant jamais attention à ce avec quoi il est venu comme un des Banu Abd Yaaleel a dit au Prophète -Prières et bénédiction d’Allah sur lui- :

« Par Allah, je vais te dire un mot : si tu es véridique, alors tu es trop grand à mes yeux pour que je  te réplique. Et si tu mens, alors tu est trop méprisable pour que je te  parle . »

 

 

Quant au koufr de chaqq (doute), c’est quand une personne n’est pas certain de sa véracité (du Messager) ni ne le dément , mais il doute de lui . Et ce doute ne continuera pas à moins qu’il se détourne délibérément du fait de contempler les signes (ayaat) liés à la véracité du Messager -Prières et bénédiction d’Allah sur lui- d’une manière globale, il ne les entend pas et ne se tourne pas vers eux.

Mais, s’il se tourne vers eux et les regarde, alors, aucun doute ne demeurerait avec lui, puisqu’ils (les signes) impliquent la véracité, particulièrement la totalité (des signes). Et cela,  parce qu'ils prouvent que c’est vrai comme le soleil prouve qu’il fait jour.

 

 

Quant au koufr de nifaaq (hypocrisie), c’est quand il montre la foi par sa langue et le rejet est caché dans son cœur et c’est celle là l’hypocrisie la plus grande et une explication de ses types viendra plus tard Insha Allah Ta’ala.

 

 

Chapitre :

  

 

Et le koufr de Djouhoud (rejet, démenti) est de 2 types : un koufr absolu (moutlaq) et générale, et un koufr limité spécifique (mouqayyid, khass).

- L’absolu est : qu’il rejette tout ce qu’Allah a révélé et le Messager -Prières et bénédiction d’Allah sur lui- qu’Il a envoyé.

- Et le limité et spécifique est : qu’il rejette une obligation parmi les obligations de l’Islam, ou un acte interdit parmi d’autres, ou un attribut avec lequel Allah S’est Lui-même décrit, ou une  information dont Allah a informé, délibérément, ou donner préférence aux propos de quelqu’un  qui s’y oppose, quelque soit l’objectif pour lequel cela pourrait être.

Mais, en ce qui concerne le démenti de cela à cause de l’ignorance, ou d’une mauvaise interprétation, alors la personne est excusée et il ne devient pas mécréant par cela.

C’est comme le hadith de celui qui a renié la Qoudrah (Puissance) d’Allah sur lui et a ordonné à sa famille de l’incinérer et de disperser ses cendres. En dépit de cela, Allah lui a pardonné et a eu de la miséricorde, pour lui, car il était ignorant, puisque ce qu’il a fait était en accordance avec les limites de sa connaissance, et il n’a pas nié la Qoudrah d’Allah, par opposition ou par démenti (takdhib) volontaires.

 

 

 

 

Source :

Son livre : « Madarij us-Salikine », Vol. 1 p. 335-338

Tiré du site :

salafipublications.com

Traduction :

Fourqane.com